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Bouddha Sakyamuni sous Naga Lopburi

Thaïlande

Xème

Grès à traces de polychromie et laque

 

Lopburi est une ville de la région centre de la Thaïlande, capitale de la province, située sur un bras de la Chao Phraya. Elle a été construite par les Khmères au 7ème qui y ont introduit leur style artistique.

 

Représentation du Bouddha qui prolonge sa méditation après avoir atteint l’Eveil (épisode cher à l’art en Thaïlande et au Cambodge). Il fut protégé de l’orage et de la montée des eaux lors de la sixième semaine par le roi Naga surgit du lac Mucilinda. Le serpent déploie ses sept têtes pour protéger le Bienheureux. Le capuchon forme un disque presque parfait qui auréole le Bouddha si bien que le visage se retrouve exactement en son centre. Malgré la disparition ancienne des bras, on soulignera la sureté avec laquelle l’artiste a sculpté la relaxation du corps exigée par la méditation. Bouddha est en Dhyana mudra : position assise Virasana (jambe droite sur la jambe gauche), les mains reposant l’une sur l’autre, paumes tournées vers le ciel. Selon la tradition khmère, l’équilibre de la société repose sur la relation entre l’élément féminin, l’eau, et l’élément masculin, la terre. Le nâga est donc l’incarnation symbolique de cette union entre les deux éléments, il est à la fois mâle et femelle, et peut vivre aussi bien sur la terre que sous les eaux. Le nâga fait également écho à la tradition khmère selon laquelle les serpents sont liés aux origines de la royauté. L’influence Khmère se fait impérieusement sentir. Le visage du Maître est carré et rayonne de sérénité et de douceur. La protubérance crânienne, l’ushnisha, prend la forme d’un cône typique de l’Ecole de Lopburi. D’après un expert, la cavité présente dans un des enroulements du serpent devait accueillir une pierre de lune. La patine de la roche indique que la disparition du joyau est ancienne. On soulignera le visage très paisible du Maître et le parfait équilibre des proportions aux courbes douces. Rien n’accroche le regard, pas d’arête, pas une ligne droite, tout est fluide. Le but étant de traduire l’état de calme et de sérénité de l’Eveillé, sa maîtrise absolue du monde et de lui-même.

 

Traces de laque, de dorures et de polychromie (jaune en particulier sur le serpent). Il faut imaginer cette pièce, il y a plus de dix siècles, chatoyante de couleurs.

 

On se référera à la sculpture du Musée National de Bangkok, inv. L.B.2. in Jan Fontein, “Trésors du royaume de Thaïlande”, éd. Snoeck-Ducaju ; ainsi qu’à la sculpture du Musée national de Ayutthaya PL.6 in J. Tondriau, “L’art thaïlandais”, p. 22.

 

110 cm de haut.

 

NB : Les Bouddhas sous Naga sont souvent les emblêmes et les protecteurs des hôpitaux qui furent construits en grand nombre durant l'époque Bayon.

 

Quelques photographies, fruits de nos voyages, des ruines de Lopburi, elles illustrent l'état de conservation des Bouddhas exposés aux éléments :