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Paire de statuettes, un archer et un lancier

Chine, Dynastie des Han (206 av JC à 220 ap JC)

Terre cuite à traces de polychromie.

 

(Test de thermoluminescence)

 

Les tombes des hauts rangs sous les Han ont livré de nombreuses figurines chargées de protéger et de servir l’âme du mort dans son palais souterrain.

 

Ces statuettes de fantassins ont une allure très statique et sont emblématiques des productions de Mingqis (substituts funéraires) pendant la dynastie des Han. Les armes qui étaient en bois et donc en une matière périssable sont absentes (un arc, une flèche et une lance). Aux positions des mains, on devine aisément un archer (carquois dans le dos) et un lancier.

 

Ces mingqis étaient accompagnés dans les tombes de vaisselles rituelles, de serviteurs, de courtisanes, d’animaux en terre cuite (chiens, chevaux, cochons, poules, chèvres etc.), de chars, de reproductions d’architectures, d’objets en bronze, en jade. Ces statuettes reproduisaient l’environnement dans lequel vivait le mort et constituent un témoignage, une source précieuse d’information sur la vie quotidienne des Han et leur façon de faire la guerre.

 

Nous reconnaissons, grâce aux restes importants de polychromie, la superposition des  vêtements qui se croisent au niveau du col ainsi que l’armure caparaçonnée constituée de lamelles assemblées. Les manches sont amples, les pantalons bouffants au-dessus des jambières.

 

Ces mingqis étaient produits en série à l’aide de moules bivalves et cuits à très haute température. Des fouilles archéologiques en 1965 ont fait resurgir de terre de véritables petits régiments bien alignés. Les photographies ci-dessus proviennent du musée de Xianyang en Chine. Les pièces exposées sont similaires à celle de la galerie.

 

Les visages carrés sont ici très harmonieux, très doux. Les pommettes sont saillantes. Le sérieux des visages, les corps droits comme des i, les regards concentrés, les lèvres serrées, les chevelures impeccablement ramassées en chignon à l’arrière du crâne, renforcent davantage ces impressions d’ordre et de discipline indispensables pour servir le défunt. Ces deux soldats semblent attendre un commandement. L’apport des Han s’illustre dans le soin tout particulier apporté au modelage des visages. Nous soulignerons la délicate carnation rose de la peau, la légère moustache ainsi que le bandeau rouge qui entoure le front des guerriers.

 

Ces figurines permettent d’évoquer la tendance artistiques sous les Han destinée à un grand avenir dans la statuaire chinoise : le goût du graphisme au détriment du volume. Les lignes sont pures, rien n’accroche le regard. Nous noterons une belle harmonie entre réalisme et abstraction.

 

Sous les Han, le plus souvent, les statuettes étaient peintes après cuisson et ont perdu aujourd'hui beaucoup de couleurs. Nos deux guerriers ont de très beaux restes de leur polychromie d'origine, de ce fait, ils sont très rares.

 

Hauteur : 55 cm.