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Grand CHAMEAU blatérant et son lourd chargement

Terre cuite

Chine, Dynastie Tang (618 – 907)

Test de thermoluminescence des Laboratoires Oxford datant l’âge de cuisson

H : 71cm L : 53 cm.

 

Le chameau, animal par excellence adapté au désert, est le moyen de transport emblématique de la Route de la Soie qui reliait l’Occident à l’Orient. La plus connue des routes, car elles étaient nombreuses, reliait l’actuelle Province du Xian à Antioche en Syrie (plus de 14 000 km). Le chameau transportait voyageurs, produits de luxe, comme des fourrures, des soieries, des épices, des grandes inventions et également des courants de pensée. Il était un animal important dans l’économie chinoise très prospère. On mangeait sa viande, on se régalait de son lait fermenté et on tissait sa laine épaisse. Les chinois ne les montaient pas, préférant laisser ce travail à des palefreniers occidentaux qu’ils payaient (des Saoudiens par exemple, reconnaissables à leur bonnet pointu). Originaires des déserts d’Asie centrale, ils sont communément appelés Chameaux de Bactriane même s’ils pouvaient provenir d’autres régions (du désert de Gobi par exemple).

Notre grand chameau du VIIème siècle est traité de façon hyperréaliste. Sa fourrure crépue, sa gueule aux narines dilatées, son regard courroucé, son attitude saisie sur le vif, son dynamisme. Ses pattes sont particulièrement longues et fines. Les chameaux chargés sont assez rares. La cargaison est soigneusement disposée de façon parfaitement symétrique. L’animal ne devait surtout pas être déséquilibré lors du pénible voyage. Nous pouvons deviner un tapis de selle, des outres, des tissus pliés et de nombreux sacs, certainement remplis de denrées alimentaires et de sel (indispensable à la longue traversée du désert) et singulièrement d’un chien.

L’habileté de l’artiste, la rareté de cette pièce résident dans le pouvoir humoristique et la vitalité de la relation entre le petit chien perché sur les bagages et le chameau. Le grand animal est visiblement mécontent, frustré, blatérant la gueule ouverte, les oreilles en arrière. Nous imaginons aisément son long grognement guttural. Le chien, statique, flegmatique, droit comme un i sur le bât, semble sourire en narguant sa monture au mauvais caractère. Il se montre satisfait de pouvoir se reposer hors de la portée des mâchoires du chameau et d’avoir trouvé la place idéale pour admirer le paysage sans se fatiguer. L’expressivité du Chameau s’oppose à l’immobilité du chien. La ruse du petit répond à la l’instinct brutal du grand. Le calme face à l’emportement. Ainsi, cette statue est presque une fable à elle toute seule, avec sa morale, sa plaisante leçon de vie.

Il est toujours très touchant de découvrir une œuvre d’art qui non seulement dévoile le savoir-faire technique des anciens chinois, raconte un épisode de l’Histoire, mais également témoigne d’un certain sens de l’humour, d’une sensibilité. Cette pièce originale illustrant le lien économique entre l’Orient et l’Occident, nous sert ainsi de passerelle entre le Passé et le Présent. Ce chameau nous fait sourire comme il devait déjà émouvoir les hauts dignitaires chinois en leur temps. Le sens de l’humour se dévoile à nous Universel traversant les âges.

Nous terminerons en soulignant que le chameau était un symbole de prospérité réservé à l’aristocratie chinoise.

Selle amovible.

Restaurations d’usage.