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Bouddha Sakyamuni assis

Thaïlande

XVIème

Bronze

 

Ce Bouddha en bronze Lana Chien Sen (Lan Na Chiang Saen en référence à la ville du Nord située sur les bords du Mékong) est représenté assis. Il porte une simple robe monastique, sanghati, drapée sur son épaule gauche et qui laisse son épaule droite dénudée. Le costume monastique épouse étroitement le corps. Un long pan d’étoffe se termine en queue de poisson à hauteur du nombril.

 

Son visage et son corps présentent les caractéristiques traditionnelles bouddhiques. Elles sont des marques particulières que possède, d’après les textes sacrés, ce « Grand Homme ». Ici, on peut noter, la chevelure bouclée, la protubérance crânienne, le corps à la rotondité d’un banian, les aisselles remplies, les bras allongés, les genoux ronds comme des coquillages. Ses yeux en amande sont mi-clos, ses lobes d’oreilles sont allongés, ses arcades sourcilières arquées, et enfin sa bouche esquisse un léger sourire. Son expression est emprunte de sérénité, de paix intérieure. Les plis de beauté sont présents à la base du cou.

 

Tout est fait ici pour montrer le caractère de grand homme prédestiné à l’illumination du Bouddha. Sa chevelure est coiffée en petites boucles saillantes, concentriques, surmontée par une ushnisha (protubérance crânienne symbole de sagesse). Elle-même est dominée par une flamme amovible. Des restes de dorures à la feuille d’or sont visibles dans la chevelure. Les doigts sont longs, fins, maniérés. Le port de tête, le maintien du bouddha sont touchants et gracieux. La couleur sombre renforce davantage la sacralité qui se dégage de la sculpture. Ce Bouddha est tout en courbes, aucun angle, pas de ligne droite, tout est fluide, le but étant de traduire l’état de calme et de sérénité de l’Eveillé, sa maîtrise absolue du monde et de lui-même. La flamme, ramsi, au sommet de sa coiffure est une référence à la lumière émanant du Bouddha.

 

L’influence du style de Sukhothai un peu plus au Sud est à noter ici. Il relève la volonté de l’artiste à transcrire en ronde-bosse la plupart des marques attestant du caractère exceptionnel du Bouddha. Par exemples, les  articulations sont peu marquées, les épaules et le torse sont larges, les doigts fins et fuselés, les talons saillants. Le visage est ovale. Les paupières sont galbées surmontées d’arcades sourcilières en arc de cercle s’infléchissant sur les tempes et prenant naissance au départ du nez. Le menton saillant est souligné par une incision en arc de cercle. La chevelure est traitée en boucles enroulées et la protubérance crânienne est surmontée d’une flamme.

 

Bouddha est figuré assis en tailleur avec sa main droite effectuant la mudrâ de la prise à témoin de la terre bhumiparsa mudrâ. Sa main droite pointe vers le sol, tandis que la gauche repose sur ses jambes repliées en virasana, paume dirigée vers le ciel. Les plantes des pieds sont tournées vers le haut. Ce geste illustre l’Eveil de Bouddha et tient une place majeure dans l’imagerie thaïlandaise. Il est le symbole de la victoire de l’Eveillé sur le démon de la mort Mâra. Le Prince des Désirs tenta d’interrompre la méditation de Bouddha en lui offrant des distractions terrestres. Mâra nia la réalité de l’éveil, en arguant l’absence de témoin. En réponse, Bouddha toucha la terre faisant appel à la nature pour témoigner de sa résolution. Ce geste apparaît pour les Thaïlandais comme le plus grand des miracles, le sommet de la vie du Bienheureux. Le geste magique, mystique de la prise à témoin de la terre symbolise la fermeté, la résolution et annonce l’imminence de l’Eveil.

 

Le socle est orné dans sa partie supérieure par des pétales de fleur de lotus et dans sa partie inférieure par une frise ajourée de motifs floraux et végétaux.