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Bouddha Sakyamuni

Chine, Dynastie Qi du Nord (550-577)

Grès à traces de dorures et polychromie

La statuaire de la période Qi représente un des sommets de l’art asiatique où se mêlent les influences indiennes (Gupta) et chinoises.

Bouddha Sakyamuni est représenté debout dans une attitude frontale, hiératique, vêtu d'une robe monastique aux longues manches, suggérant la forme du corps et retombant vers le sol. Le visage est ovale, l’expression sereine, le sourire discret. Les yeux sont en amande, les lobes allongés, les lèvres délicatement ourlées. Le sommet du crâne est orné d’une protubérance crânienne l’Usnisa, une caractéristique de Bouddha et un symbole de sagesse. Le visage est empreint d'intériorité, d’une grande paix intérieure.

Les mains sont absentes mais devaient certainement figurées les gestes de l’absence de crainte (abhaya mudra) et du don (varada mudra). Les différentes positions des mains du Bouddha appelées mudra relèvent d’une codification très précise faisant référence à différentes étapes de sa vie. Le geste qui consiste à lever la main droite en avant, paume face au public, est interprété comme une marque d’apaisement. Le Bouddha aurait fait ce geste face à un éléphant furieux que l’on avait lâché sur lui. L’animal aurait alors immédiatement suspendu sa course démente et se serait incliné sagement devant le Bienheureux. Le geste du don se caractérise par la main rabaissée vers le sol, paume face au spectateur, Bouddha l’esquissa lors de la descente du ciel des trente-trois dieux où il était allé prêcher à sa mère. Malheureusement, ces gestes sont rarement visibles sur les statues des Bouddhas, car les mains étant une des parties les plus fragiles, elles ont souvent été détruites ou perdues.

Ici nous pouvons noter une géométrisation des formes influencée par les canons de l'art Gupta, le corps s'allonge, le visage s’intériorise.

Nous retiendrons la silhouette dépouillée, le très beau drapé diaphane sur un corps très légèrement déhanchée.

Nous pouvons rapprocher cette pièce des Bouddhas du Shandong. En 1996, des travaux d’aménagement urbain dans la ville chinoise de Qingzhou, dans la province du Shandong, ont mis au jour des Bouddhas et des stèles du VIème siècle. Le musée Cernuschi à Paris avait consacré une exposition à ces merveilles en 2010.

Restaurations visibles au cou.