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BOUDDHA ASSIS en DHYANAMUDRA

ART DU GANDHARA (4ème-5ème)

Stuc et chamotte

L’Ancien Royaume du Gandhara recouvrait les Provinces du Nord-Ouest de l’actuel Pakistan et l’Est de l’Afghanistan. Situé au carrefour de grandes civilisations, il connut son essor entre le 1er et le 5ème siècle de notre ère. Cette région a vu apparaître et se développer une civilisation brillante contemporaine des Han chinois et des mondes romains, fruit de la rencontre des influences grecques (conquêtes d’Alexandre le Grand), perses et indiennes. L’art qui va naître est original, splendide. On le nomme l’art gréco-bouddhique.

Cette pièce illustre Bouddha en position de la méditation, la jambe droite sur la jambe gauche (cachées par le drapé), les mains reposant l’une sur l’autre, paumes tournées vers le ciel. Bouddha a été modelé en stuc et chamotte (tessons de poterie brisés) ce qui le rend très solide, granuleux et lourd. A l’origine, ce stuc devait être polychrome.

Cette pièce est un haut-relief qui ornait certainement la paroi d’un temple, un lieu de dévotion.

Au monastère Jaulian de Taxila, Nord-Ouest du Pakistan, des niches contenaient des figures en stuc de Bouddhas en Dhyanamudra similaires à celui-ci.

Les influences grecques sont particulièrement visibles sur le drapé mouillé du vêtement monastique appelé Sanghati ainsi que sur le Langutî repris entre les jambes. Les traits du visage très fins et réguliers reprennent également les canons de la beauté grecque. Le nez est droit, les lèvres légèrement ourlées esquissent un sourire, les yeux en amande sont mi-clos en signe d'introspection et de paix intérieure. Bouddha est à la fois, ici, proche et lointain, son sourire serein est une passerelle entre lui et le spectateur.

La chevelure en petits creux figure les boucles de Bouddha.

La dépression sur le haut du crâne est l'emplacement de la protubérance crânienne manquante l'Ushnîsha, un attribut du Bouddha, signe de sagesse.

Le front est marqué de l’Ûrnâ, un des signes distinctifs du Bouddha. Les lobes allongés rappellent l’origine princière du Bouddha qui portait dans sa jeunesse de lourds trésors d’orfèvrerie.

Nous nous réfèrerons à l’ouvrage de Maillard, Monique & Bézard, Robert. “Buddhism in Afghanistan and Central Asia”, Iconography of religions, 1976, T. XIII, 14 ainsi qu’au livre d’Alfred Foucher, “L’Art gréco-bouddhique du Gandhâra”, Paris, 1905-1951.

Nous retiendrons, en particulier, la douceur du visage de Bouddha et le plissé délicat du vêtement.

Provenance : Collection privée.

Hauteur : 68 cm. Largeur : 48 cm.